Pic de production de pétrole & art brut

Quelques peintures & une chanson sur le thème du pic pétrolier

(une reprise de "Super pouvoir d'achat" de La chanson du dimanche, dont j'ai modifié les paroles) 

Pour vous informer sur le "peak oil", visitez la page ci-dessous

 le Pic de Production de Pétrole, qui va changer nos vies

plus convainquant et parlant, les vidéos :

groupe daily motion oléocène

 

un éclairage sur la guerre US "contre le terrorisme" (pour le pétrole...) :

Oil, smoke & mirrors

 

Il m'est parfois difficile de rester serein face à cette crise qui se presse à notre porte. J'ai rédigé les 2 poèmes "Prière pour les survivants de l'après-pétrole" et "La Terre atomisée, paradis des blattes" dans un certain état d'amertume.

Certains de mes mots sont d'une noirceur regrettable. Mais j'espère que le lecteur saura gratter la surface pour voir l'espoir derrière l'inquiétude...

 

dimanche 27 février 2011 21:14


Limites

Blog de pouvoirdachat : Pic pétrolier et Art brut, Limites 

  Limites

     Illustration des paroles d' Ali Samsam Bakhtiari, le vice -président de la National Iranian Oil Company (NIOC), un personnage incontournable des conférences de l'ASPO (association for the study of peak oil and gas).

     "Dieu fixe ses propres limites. Je crois qu'il aime tester l'humanité de temps en temps. Et je pense que ce test va venir très très prochainement."

 

dimanche 27 février 2011 21:14 , dans peintures


Objets en voie de disparition

dimanche 27 février 2011 21:14 , dans peintures


La Terre atomisée, paradis des blattes

Blog de pouvoirdachat : Pic pétrolier et Art brut, La Terre atomisée, paradis des blattes

 

 Je ne suis vraiment pas porté par l'optimisme; mais au plus je m'informe, au plus je réalise la fragilité du système que tout le monde croit durable...

L'avenir que je décris dans ce poème-aquarelle est tout à fait envisageable, même s'il n'est pas souhaitable.

 

Le texte :

 Ce sera l'hiver nucléaire

que des blattes à la surface de la Terre

Nous nous serons bien consumés

nos ressources parties en fumée

Inconscients mais confiants

devant le précipice souriants

Pilotés par des fantômes assoiffés

Peut-on être à ce point benêt ?

Ils avaient des rêves, des liens, ces somnambules

Pas plus de discernement qu'une libellule

 

Les choses qui comptent nous indifféraient

par le mirage du développement aveuglés

L'équité et le partage resteront des utopies

l'imprévoyance a ce tragique prix

Congédions ce monde si pressé

d'aller se jeter dans le fossé

De nouveaux habitants viendront la peupler

cette planète par nos actes tant maltraitée

Tandis que reposeront, ensevelis,

nos lingots, reliques de la « croissance infinie »

 

dimanche 27 février 2011 20:46 , dans peintures


Exposé sur l'Art Brut

Une présentation synthétique sur cet art méconnu et engagé. J'ai lu quelques bouquins sur le sujet. L'incontournable sur cette notion étant L'homme du commun à l'ouvrage de Jean Dubuffet.

L'"art brut" est une formule contestataire, qui vise à faire prendre du recul sur la création artistique, et à faire prendre conscience à l'"homme du commun" des  facultés créatrices enfouies en lui, et que la société, bien souvent, réprime.

 

I/ définition, historique

 

II/ quelques créateurs:

 

Adolf Wölfli

Augustin Lesage

Aloïse Corbaz

Henry Darger

 

 

I/ définition, historique

 

Le terme a été inventé par Jean Dubuffet en 1945. Il s'agit du découvreur et théoricien de cet art marginal.

Il a préféré ce terme à celui d' « art obscur », car plus positif.

Les travaux d'art brut existaient bien sûr avant que le terme ne soit inventé, mais Dubuffet est le premier artiste reconnu à se pencher sur ce type de création, à rassembler des oeuvres, à les exposer et promouvoir.

Il va constituer la Collection de l'Art brut qui sera léguée à la ville de Lausanne, qui ouvrira en 1976 ce que Michel Thévoz (le 1er conservateur) dénommera un « anti-musée ».

En France se créeront en parallèle d'autres collections dont la plus importante est L'Aracine hébergée au Musée d'Art moderne de Lille (réouverture prévue en 2009).

Des définitions (qui ressemblent plus d'ailleurs à des manifestes qu'à des défs!) :

 

http://www.artbrut.ch/index.cfm?Show=Definition

Nous entendons par là [Art Brut] des ouvrages exécutés par des personnes indemnes de culture artistiques, dans lesquels donc le mimétisme, contrairement à ce qui se passe chez les intellectuels, ait peu ou pas de part, de sorte que leurs auteurs y tirent tout (sujets, choix des matériaux mis en œuvre, moyens de transposition, rythmes, façons d’écritures, etc.) de leur propre fond et non pas des poncifs de l’art classique ou de l’art à la mode. Nous y assistons à l’opération artistique toute pure, brute, réinventée dans l’entier de toutes ses phases par son auteur, à partir seulement de ses propres impulsions. De l’art donc où se manifeste la seule fonction de l’invention, et non celles, constantes dans l’art culturel, du caméléon et du singe.

Jean Dubuffet, tiré de "L’art brut préféré aux arts culturels", Galerie René Drouin, Paris, 1949.

 

 

Les auteurs sont des personnes qui ne se situent pas dans le circuit institué de l'art. Leurs travaux avaient de grandes chances de ne pas être conservés.

Peut-être entre 1/1000 et 1% des travaux d'art brut échappent à l'oubli.

Le hasard a fait que ces oeuvres ont été conservées par des proches, des médecins, des amateurs d'art.

 

Les auteurs ignorent plus ou moins volontairement les conventions culturelles en exécutant leurs travaux. Soit ils n'ont pas appris les normes culturelles, soit ils les connaissent mais décident de ne pas en tenir compte (ex : le peintre Louis Soutter).

Mais le critère le plus important est celui de l'inventivité personnelle. Selon Dubuffet, les travaux gagnent en créativité s'ils ignorent les contraintes culturelles et ne suivent que le « bon plaisir » des auteurs.

 

Les auteurs d'art brut comptent pour moitié des malades mentaux, mais aussi des auteurs « réputés sains », dont des prisonniers.

Dubuffet a réunis leurs dessins, peintures, sculptures sans faire de catégorie, montrant par là que pour lui la création primait avant tout.

Pour lui, « il n'y a pas plus d'art des fous que d'art des malades du genou. »

Il est le premier artiste à défendre cette idée (ce qui lui vaudra des démêlés avec André Breton, un des membres de la Compagnie de l'Art brut).

L'attitude de Dubuffet est assez paradoxale, car dans le même temps, il a une idée de la folie comme une source d'inspiration très forte; il en défend des aspects positifs, disant que l'art et la folie se nourrissent l'un l'autre (dans les cas par ex. de Wölfli ou d'Aloïse).

 

On peut distinguer l'art brut d'autres types de création:

_l'art populaire et l'art naïf respectent certains codes, certains sujets (paysages, scènes de genre, etc ) , et sont élaborés en vue d'être exposés.

_les dessins d'enfants n'ont pas encore la maturité et l'intensité des dessins faits par des adultes.

_les travaux d'art-thérapie suivent des consignes, et sont utilisés pour diagnostiquer et traiter des troubles. La spontanéité et l'esprit contestataire s'en accomodent difficilement.

 

Michel Thévoz a étudié et dégagé certaines caractéristiques communes à ces travaux.

_ils procèdent du bricolage. Les auteurs utilisent les matériaux à disposition (papier de fortune, boîtes de conserve, déchets, mie de pain, cailloux... ; c'est particulièrement frappant chez les auteurs internés)

Ils se satisfont de matériaux humbles, et se laissent guider par des accidents dont ils tirent parti.

_ils constituent une expression sauvage. Les auteurs font appel à leurs impulsions propres, et ne se préoccupent pas de l'accueil fait à leurs travaux. Ils renouent avec un mode d'expression très personnel, comme si les normes et la culture n'existaient pas.

_les travaux d'art brut sont aussi différents d'un auteur à un autre que le sont leurs personnalités. Ce sont des oeuvres « orphelines ». On peut beaucoup plus facilement comprendre une oeuvre en connaissant la personnalité et l'histoire d'un auteur, qu'en allant chercher des comparaisons chez un autre peintre ou un mouvement artistique.

 

II/ quelques créateurs

Adolf Wölfli (1864-1930)


 Illustration 1: St-Adolf portant des lunettes, entre les deux ville géantes Niess et Mia, 1924.

 

Il a eu une enfance difficile (après la mort de sa mère, il est placé chez des fermiers qui le maltraitent). A l'adolescence, il va avoir un échec sentimental.

Puis il va errer pendant plusieurs années, changeant souvent d'emploi, étant de plus en plus instable, agressif et renfermé.

En 1895, il est définitivement interné en clinique psychiatrique à Berne, après avoir fait de la prison pour attentat à la pudeur.

Sa production commence en 1899, alors qu'il est enfermé dans une cellule en raison de son comportement violent.

Il est très prolifique, dessine du matin au soir, commençant un dessin après en avoir fini un autre. Il ne semble pas ressentir de plaisir à ce travail, mais ça paraît correspondre à une nécessité intérieure.

Il mendie du papier et des crayons dans tout l'hôpital ; et quand ses crayons sont cassés, il coince entre ses ongles des bouts de mines pour achever son travail.

Ses écrits (dont une autobiographie fictive) et ses dessins forment une oeuvre de dimension encyclopédique. Son oeuvre est si colossale qu'elle forme une pile de 2m de haut (!).

Coincé entre ses 4 murs, Adolf (il signe « St Adolf II ») rêve de voyages dans des contrées lointaines et imaginaires, d'une épopée dont il est le héros. Il s'invente un style graphique propre, avec des symboles particuliers : personnages masqués, oiseaux, limaces, portées musicales surgissant dans le dessin, étoiles, cadres qui se redoublent intérieurement, plans de villes géantes imaginaires.

Il conjugue dans ses oeuvres des registres normalement séparés. On y trouve des illustrations, de la prose, des poèmes, et très souvent des portées avec des notations musicales qui restent assez indéchiffrables (il avait un système de notation qu'il restera toujours le seul à maîtriser).

Il se venge de sa pauvreté matérielle en s'imaginant possesseur d'une fortune colossale dont il recense les intérêts, et les intérêts des intérêts, etc

Il prend des libertés avec la grammaire et l'orthographe, formant des néologismes

tels que « Kultuuur », ou « Merdanorika » (pour Nordamerika)

La création artistique semble dans son cas largement inspirée par la folie, et l'instruction ne l'a pas guidé dans sa démarche créatrice.

 

Augustin Lesage (1876-1954)


Illustration 2: sans titre, entre 1912 et 1913.

 

Mineur du Pas-de-Calais, il se met à fréquenter les cercles spirites, où il développe des dons de médium et de guérisseur.

A 35 ans, il entend alors qu'il est au fond d'une mine, une voix qui lui annonce qu'il sera peintre. Cette même voix lui dictera les dimensions de la toile qu'il commande, ainsi que les pinceaux & tubes de couleurs qu'il se procure.

Il aborde la toile comme un miniaturiste, réalisant ainsi une multitude de structures qui rendent ses toiles impressionnantes par leur rigueur géométrique.

Malgré sa notoriété grandissante (il est exposé à l'Institut métapsychique international à Paris), il ne semble pas adhérer à l'idée d'une plus-value financière pour ses oeuvres, car il les vend au salaire horaire d'un mineur.

Sans aucune instruction artistique, il a réalisé 800 peintures d'une complexité qui dépasse certains de ses contemporains peintres abstraits.

M. Thévoz a une expression amusante à son sujet: il parle de « détournement de mineur ».

Le spiritisme (croyance en la survivance des esprits des défunts et en la possibilté de communiquer avec eux) a fourni un alibi ou en tous cas une inspiration à nombre de créateurs d'art brut.

 

Aloïse Corbaz (1886-1964)

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  Illustration 3: Mickens, entre 1936 et 1964.

  

Elle a vécu dans son adolesence 2 déceptions: elle voit contrariées la carrière de cantatrice qu'elle souhaitait, et ses amours avec un étudiant en théologie. En 1911 elle est engagée à Postdam en qualité de gouvernante d'enfants chez le chapelain de Guillaume II. Elle s'éprend vivement de l'empereur, mais vivra cet amour dans son monde onirique, la violence de ses sentiments et ses scrupules religieux l'y obligeant.

Elle retourne en Suisse en 1914, en raison de la déclaration de guerre. Elle est alors très agitée, et va prêcher dans la rue la démilitarisation et la paix universelle. Elle est placée en 1918 en institution psychiatrique.

A partir de 1920, elle commence à dessiner puis s'occupe régulièrement du reprisage et du repassage du linge de l'asile.

Elle était toujours perturbée, parlent longuement toute seule, et se troublant particulièrement en présence d'étrangers.

Ses médecins l'ont encouragée et lui ont fourni du matériel régulièrement.

Elle représente les grandes amoureuses de l'histoire, les souverains et couples princiers, les héros légendaires, les vedettes. Elle s'autorise à créer toute chose ou personne dans ses travaux, grâce au mécanisme du « ricochet solaire », un élément central de son délire.

Les métamorphoses, incongruités, variations d'échelle, schématisations étranges sont nombreuses dans ses oeuvres.

Elle colorie par aplats (couleurs uniformes), a recours au collage, et représente tout ce qu 'elle peut imaginer sans se soucier des contraintes des peintres concernant la perspective, la représentation fidèle, le volume, les détails.

Dans ses écrits on retrouve la même liberté, toutes les associations se suivent rapidement sans se soucier de cohérence, de l'espace ni du temps.

Son délire inspiré fait se bousculer toutes ses idées de manière fulgurante.

 

Henry Darger (1892-1973)

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Illustration 4: Alors qu'elles sont la proie des flammes, ces statues insensées sont projetées dans toutes les directions sous le choc de l'explosion. Un petit garçon atteint à la tête par l'une d'elles est soigné dans l'image suivante (détail), entre 1930 et 1972

 

Il est placé en institution pendant son enfance, étant assez perturbé après la mort de sa mère et la séparation avec sa petite soeur.

Il n'est pas limité intellectuellement, mais s'isole et passe son temps à rêvasser, ce qui lui vaut le surnom de « crazy » (dingue).

Puis, après une scolarité sommaire, il quittera l'établissement pour aller vivre à Chicago, solitaire, et travaillant comme plongeur dans les hôpitaux.

Pendant 60 ans, il va se consacrer à une oeuvre littéraire et picturale; ses écrits totalisent plus de 15000 pages, s'intitulant « Les Royaumes de l'Irréel ».

Il y narre les aventures des « Vivian Girls », petites filles se battant contre l'oppression des « Glandélinians », adultes qui veulent réduire les enfants en esclavage. Darger lui-même s'introduit dans ces histoires dans la peau de nombreux personnages des 2 camps.

A l'héroïsme et à la pureté des enfants s'opposent le sadisme aveugle et la monstruosité des adultes. Ainsi Darger peut être vu comme un enfant dans l'âme, n'ayant jamais rejoint le monde des adultes, et se représentant comme protagoniste d'une aventure visant à une libération contre les mauvais instincts de la nature humaine.

Il était convaincu d'être incapable de dessiner. Aussi il recourait à des décalques et des agrandissements pour tous les personnages, éléments, et décors de ses grandes aquarelles. Il trouvait ses modèles dans des magazines populaires.

Dans ses fragiles travaux, s'opposent la candeur des enfants et l'inhumanité des Glandéliniens qui égorgent, étranglent, éventrent les enfants. Les décors sont soit féériques et luxuriants, soit apocalyptiques avec orages, tempêtes, flammes, explosions.

Ces textes & peintures, étant une projection des fantasmes inavoués d'un exilé social, sont très rythmés et enflammés. Ils provoquent chez le lecteur et spectateur un sentiment d'inquiétante étrangeté (selon la formule de Freud), dû à la forte teneur personnelle et fantasmatique de l'auteur dans ces compositions. Nous avons l'impression de faire intrusion dans une sphère privée (de son vivant, Darger n'aura montré ses travaux à personne).

dimanche 27 février 2011 20:44 , dans Pourquoi ce blog?


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